Projet « Palmes de la culture du viol »

La préparation de la deuxième Slutwalk, en 2013, a coïncidé avec la sortie du morceau « Blurred Lines » du chanteur pop américain Robin Thicke. Dans ce titre, il entend faire part de tout ce qu'il souhaite faire à une femme, car « il sait qu'elle le veut ». De cette éloge de la culture de viol est née l'idée de recenser les articles, productions artistiques et autres déclarations publiques qui contribuent à banaliser voire à encourager les violences sexuelles. Nous avons recensé 20 cas en 2013, et avons décidé de les mettre en compétition dans le cadre de la Slutwalk afin de décerner des « palmes » à celui ou celle qui s'illustrerait le plus dans la promotion de la culture du viol, en référence ironique à la remise des « Oscars » cinématographiques. Sept catégories ont été retenues : « journalisme », « psys et sexologues », « juridique », « blogs », « politique », « Slutshaming » et « arts et images ». Plusieurs personnages fictifs joués par des membres de l'association sont venus récupérer les Palmes – des phallus réalisés par nos soins, soulignant à quel point ils étaient heureux de leur contribution aux violences sexuelles. Face au succès rencontré par cette mise en scène, nous avons renouvelé la performance lors de la Kermesse des Salopes de 2014. 14 palmes ont été recensées, réparties en six catégories : « Justice », « Art », « Psy », « Politique », « Blog » et « Slutshaming ».

Nous avons pu constater certaines récurrences à l'issue de ces deux éditions.

Dans le domaine de la justice suisse, qu'elle soit militaire ou civile, il y a une frilosité claire lorsqu'il s'agit de condamner les violences sexuelles. 

Le domaine de l'art et plus particulièrement celui de la mode s'évertue à représenter des scènes de contrainte sexuelle, malgré les marches arrière (Dolce & Gabbana en 2007) dues aux pressions de groupes féministes.

Dolce & Gabbana
Dolce & Gabbana
Crédits: Dolce & Gabbanai

Enfin dans le domaine de la psychologie, certains « spécialistes » font leur fond de commerce sur la culture du viol, incitant les hommes à « forcer un peu » et culpabilisant les femmes qui ne « veulent pas » (Aldo Naouri). Ces exemples, qui pourraient être beaucoup plus nombreux, permettent de mettre en évidence les manifestations concrètes et quotidiennes de la culture du viol.

La Slutwalk dispose aujourd'hui de 34 « candidats aux Palmes » rédigés et exploitables pour une utilisation future. Celle- ci doit encore fait l'objet de discussions, toutes les idées sont les bienvenues.