Nous sommes un collectif féministe mixte au fonctionnement horizontal (non-hiérarchisé). Si nous nous retrouvons toutEs dans la condamnation des violences sexuelles et sexistes, du sexisme, de la LGBT*IQphobie, du racisme, de l’exploitation, du validisme, de la grossophobie,… nos affinités politiques varient. Nous ne sommes affiliéEs à aucun parti et refusons de servir un quelconque agenda politique. Nous utilisons le terme « agresseur » au masculin pour désigner la personne qui agresse car la plupart des agressions sexuelles et sexistes sont le fait d’hommes. Enfin, nous utilisons le féminin générique lorsque nous parlons de plusieurs individues. 

  • Nous considérons que tout acte sexuel non consenti est un viol pour autant que la victime/survivante le considère ainsi. 
  • Aucune femme ne « mérite » d’être agressée sexuellement quels que soient ses comportements, son apparence ou son mode de vie. 
  • Lors d’une agression sexuelle, il n’y a qu’un seul coupable : l’agresseur. 
  • Le viol n’est pas une affaire d’ordre privé entre deux personnes mais bien une problématique sociétale. Il n’est pas dû à des pulsions masculines incontrôlables mais résulte de mécanismes sexistes selon lesquels le corps des femmes ne leur appartient pas et doit être à disposition des hommes. 
  • Nous dénonçons la culture du viol selon laquelle c’est la victime qui est en cause et non son agresseur et nous dénonçons ces pratiques et discours qui tolèrent voire encouragent les agressions sexuelles. 
  • Aucune femme ne doit être stigmatisée en raison de son comportement, de son apparence ou de son orientation sexuelle supposés ou réels. Nous dénonçons le slutshaming ou « stigmate de salope » qui participe à la culture du viol. 
  • L’éducation, le débat public et la prise de conscience autour des agressions sexuelles et sexistes sont une priorité. Les condamnations pénales ne changent pas les mentalités. C’est la lutte contre la culture du viol et la prévention qui doivent gagner en force, pas le taux d’occupation des prisons. Nous nous insurgeons néanmoins contre les insuffisances du code pénal dans la mesure où ces lacunes témoignent de la faible reconnaissance des agressions sexuelles en Suisse. 
  • Les femmes économiquement ou socialement précarisées sont victimes d’une double violence. Le risque d’agression sexuelle est le lot de toutes mais les difficultés d’accès à l’aide et à la reconnaissance touchent particulièrement les femmes en situation précaire. La lutte contre les violences sexuelles est indissociable de la lutte contre l’exclusion. 
  • Les travailleuses du sexe sont également victimes d'une double violence car le stigma qui pèse sur leur travail entraîne des mécanismes d’invisibilisation des violences et de victim blaming. Slutwalk Suisse s’inscrit contre tous discours qui disqualifient la parole des travailleuses du sexe ou qui tendent à nier leur capacité d’agir et leur autodétermination. A ce titre, nous considérons que les travailleuses du sexe peuvent être victimes d’agressions sexuelles en dehors de leur travail mais également au sein de leur pratique professionnelle, quand leurs conditions ne sont pas respectées par les clients. 
  • Les violences sexuelles envers les personnes lesbiennes, gays, bisexuelLEs, trans*genres, intersexes, queer (LGBT*IQ) participent de mécanismes sexistes et sont aussi des violences de genre. Aucune personne ne doit être stigmatisée en raison de son orientation sexuelle, identité ou expression de genre. 
  • Nous n’imposons pas notre définition de la liberté aux femmes qui ne se reconnaissent pas dans celle-ci et affirmons leur droit à l’autodétermination. Nous condamnons le viol et sa normalisation : à poil ou voilée, aucune femme ne mérite d’être agressée sexuellement. A partir de là, chacune choisit la tenue qui lui convient. 


Charte modifiée et approuvée lors de l’Assemblée générale extraordinaire le 18 juillet 2016 à Genève.