La Marche des Salopes / Slutwalk Suisse

La Slutwalk est un mouvement international de marches pacifiques qui dénoncent les violences sexuelles et le silence qui les entoure. C'est un mouvement de contestation né en 2011 à Toronto à la suite des déclarations d'un policier encourageant les femmes à ne pas s'habiller «comme des salopes » pour éviter de se faire violer. Les étudiantes présentes sur le campus où s'est tenu le discours de l'agent ont appelé à une manifestation qui a d'abord mobilisé entre 1000 et 3000 personnes le 3 avril 2011. Dans les mois et les années qui ont suivi, des centaines de manifestations ont eu lieu dans de nombreuses villes. C'est le 6 octobre 2012 qu'a eu lieu la première Slutwalk en Suisse.

Le mouvement né en Romandie a suivi la trace de ses sœurs, dont le message principal est le suivant : peu importe le comportement de la victime, le viol ne doit jamais être toléré, légitimé ou minimisé. L'appel au viol n'existe pas et il faut que cesse la suspicion à l'égard des victimes. La Slutwalk entend être un espace de légitimité où les victimes sont reconnues et où le silence peut être brisé.

Nous luttons contre une prévention qui ne vise que les femmes et leur fait porter la responsabilité des agressions sexuelles : ce type de prévention déresponsabilise les auteurs de violences et prescrit le contrôle du comportement féminin, en proscrivant une série de comportements : sortir seule / le soir, s'habiller de telle ou telle façon, boire de l'alcool, rencontrer des hommes, se maquiller, ou simplement revendiquer la liberté de ses choix et l'indépendance.

Le mouvement Slutwalk soutient que pour lutter véritablement contre les violences sexuelles, il faut s'attaquer à leurs causes sociales profondes, soit aux nombreux discours et pratiques qui banalisent, légitiment voire encouragent ces violences, constituant ce qu'on appelle « la culture du viol ». Plus largement, il s'agit de combattre le sexisme, qui entretient et renforce les rôles sociaux et sexuels de genre sur lesquels cette culture du viol est basée.

Slutwalk 2012
Slutwalk 2012

Aujourd'hui, l'association Slutwalk Suisse, en plus d'organiser des manifestations grâce auxquelles elle sensibilise et mobilise le grand public, met en place des projets allant de la création d'ateliers de sensibilisation à l'écriture de textes militants collectifs, en passant par l'organisation et la participation à des soirées thématiques (conférences, discussions, projections), la mise en place d'expositions photographiques et la collaboration avec d'autres organisations féministes.

Pourquoi « Salopes » ?

L'utilisation du terme « salope » est volontairement provocatrice. La réputation des victimes est en effet souvent invoquée pour disqualifier une plainte, au niveau juridique comme dans la vie de tous les jours. Il est pourtant inacceptable qu'on utilise la réputation d'une femme pour prétendre que le violeur est dans son bon droit. Si nous suivons cette idée, nous sommes toutes des salopes à partir du moment où nous choisissons de mener notre vie (notamment sexuelle) comme nous l'entendons. Le viol devient alors un moyen de punir les femmes qui sont sorties d'une position passive pour devenir actrice de leur vie. Une femme qui flirte est dans son droit, elle l'est toujours quand elle dit NON, tout comme l'est un homme, et ce NON doit être respecté.