Contacts avec les médias / stratégie médiatique

La forme de la manifestation a non seulement un but symbolique, celui de briser le silence et offrir un espace de légitimité aux survivantes ainsi que de faire des violences un problème social et non privé notamment en occupant l'espace public, mais elle sert aussi un but purement pragmatique et stratégique : attirer les médias pour toucher l'opinion publique. Par exemple, après et avant la première marche d'octobre 2012, de nombreux journaux, ainsi que des chaînes de radio et de télévision ont relayé notre action, ses buts et ses raisons. Par la suite les articles se sont situés de moins en moins dans les rubriques des faits divers pour prendre une forme plus attachée au fond du problème qu'à la forme de notre action.

Bien qu'il soit difficile de contrôler la façon dont les médias interpréteront notre action, nous tâchons de demander, tant que faire ce peut, une relecture des articles auxquels nous collaborons.

D'autre part, le monde de l'information va très vite. Et la commodité aussi bien que le goût de la personnification poussent les journalistes à s'adresser à la première personne qu'ils peuvent désigner comme « porte-parole ». Or, nous sommes un mouvement de militance, nous voulons être le porte-voix de toutes celles qui en ont assez de la lecture traditionnelle des violences sexuelles. Ainsi, nous tâchons de rendre notre image diffuse, notamment en refusant les portraits et en adressant dans la mesure du possible les journalistes à des personnes différentes chaque fois qu'ils nous contactent. Les obstacles sont nombreux : non seulement la nécessité de haute réactivité qui leur est demandé et qu'ils nous demandent s'oppose à nos agendas bien remplis, mais aussi à notre volonté de parler d'une seule voix, volonté qui nous impose de nous consulter avant de leur répondre.
à diverses occasions, des étudiantes nous ont contactées pour faire des recherches sur notre mouvement. Nous avons toujours accepté de prendre du temps et de leur accorder des entretiens. Notre volonté est de communiquer sur le fond, le problème des violences sexuelles qui est au centre de nos activités, mais nous avons également été sollicitées pour parler la forme que prend notre militance, en l'occurrence en tant que mouvement féministe.

Nous avons également choisi de diffuser directement nos messages au public par le biais des différents réseaux sociaux disponibles, afin d'être proactives vis-à-vis de l'actualité.