Note: Cette page et son contenu font l'objet de discussions au sein du comité de Slutwalk Suisse et sont en cours de modifications.

Slutshaming: harcèlement moral à caractère sexuel

Le Slutshaming est l’utilisation du comportement sexuel prêté ou avéré, de tous symboles relatifs à la sexualité (habits, comportements, maquillages, attitudes…) ou de caractéristiques physiques, pour stigmatiser, décrédibiliser et exclure une personne. Les insultes à caractère sexiste ou sexuel (pute, salope, trainée, pédé, tapette, thon…) s’inscrivent dans cette dynamique. Le Slutshaming est une violence de genre et un outil sexiste de stigmatisation.

Le Slutshaming est un outil  de contrôle en cela qu’il crée des zones de légitimité et d’illégitimité de genre, en particulier dans le domaine sexuel. En effet, dans une société sexo-restrictive, la sexualité est un objet à forte valeur symbolique et la transgression des rôles de genre et de l’espace de légitimité sexuelle entraîne des punitions sociales particulièrement sévères. Pour les hommes, les règles autour de la sexualité sont surtout celles de l’hétérosexualité et du respect des normes de la virilité. Pour les femmes, elles sont beaucoup plus larges. Le contrôle social de la sexualité féminine grâce à l’outil du Slutshaming est particulièrement efficace en ce qu’il impose à certainEs individuEs une identité infamante et honteuse les disqualifiant ainsi socialement. Alors, « oui mais c’est une salope » suffit pour justifier diverses formes de violences (dont le harcèlement n’est pas des moindres) ou de rejet social et de non-prises en considérations.

Pourquoi est-il fondamental de tenir compte de la spécificité sexiste du Slutshaming ?

Il y a peu de temps que la spécificité sexiste de certaines formes de violences de genre est prise en compte, comme le harcèlement sexuel et le viol. Avant d’être insérées dans une réflexion globale et sociale sur les rapports de genre, ces problématiques étaient vues comme individuelles et privées. Depuis, les études genre notamment ont permis de montrer que pour combattre les violences de genre (envers les femmes ou homosexistes) il fallait combattre… le sexisme. Un environnement propice à l’égalité et au respect des corps est également un environnement dans lequel il y a peu de violence de genre.