J’ai l’impression de ne plus exister, que je suis autre part

J’ai 16 ans et l’été dernier, en voyage à Rome, j’ai été violée dans le métro par un parfait inconnu. C’est choquant comme une vie paisible, heureuse et pleine de joie peu basculer comme ça, en l’espace de quelques minutes seulement, en un interminable cauchemars.

Je visitais Rome depuis 2 jours et nous avions fait pratiquement tous les trajets à pieds. Un jour alors que notre hôtel se trouvait trop loin de l’endroit ou l’on souhaitait se rendre, nous avons pris le bus. Nous montons alors dans le bus et après environ 1 minute, je sens quelqu’un se coller à moi de derrière. Je gigote alors un peu en pensant que c’était jute quelqu’un qui avait perdu son équilibre et qui m’avait malencontreusement touché les fesses. Mais à chaque fois que je bougeais, cet homme se recollait à moi. Et ce toujours plus près, plus violant et toujours plus sexuellement. J’étais en train de parler avec ma mère, en face de moi, mais paralysée par la peur, je faisait comme si de rien n’était. Du fait que je ne réagissais pas, cet homme a du penser que j’étais d’accord d’avoir des rapports sexuels avec lui, mais ce n’était bien entendu pas le cas. Il m’insupportait de plus en plus et lorsque j’ai sentie sa main glatisses le long de mes cuisse pour monter jusqu’à mes fesses, je l’ai repoussé avec plus de volonté afin qu’il cesse. Il arrêta et descendit à la station suivante.

Mais mon périple à Rome n’en resta pas là… Le lendemain, je reprends les transports en communs, bien que je sois effrayée que ce qu’il s’était produit la veille recommence. Cette fois ci je monte dans le métro mais étant donné que c’était exactement dans la période de vacances scolaires, le métro était bondé et la foule incroyablement serrée. Connaissant chacune la station ou l’on devait descendre, je me sépare de ma mère car la foule nous emmena chacune d’un côté du wagon. Je crois bien que je regretterais toute ma vie cet instant précis ou j’ai perdu ma mère des yeux et ou je me suis dérobée de son regard… Car, coincée dans le bord du wagon, je sens à nouveau une main, grimpant de ma cuisse à ma culotte cette fois ci. 

Bien décidée à ne pas laisser les choses se passer comme la dernière fois, je me retourne vers l’agresseur, prête à le gifler si nécessaire mais surtout prête à faire entendre ma voix pour que ce malade se calme tout de suite et que ça n’aille pas plus loin. Mon assurance sans faille éclata en mille morceaux lorsque l’agresseur en question et ses deux acolytes de 1m85 me plaquent contre le mur, me tenant les deux poignets fermement dans une main et en mettant son autre main sur ma nuque. Je ne peux pas bouger. J’utilise tout ma force, m’épuisant littéralement à essayer de me débattre… En vain. Alors l’agresseur soulève le bas de ma robe et ouvre sa braguette. Il sors son pénis et avec des petits coups de hanches, commence à caresser ma culotte. J’aimerais me débattre, je VEUX qu’il arrête. Mais ses deux amis étant là pour empêcher quiconque de s’interposer me glacent le sang et me terrifient. Il écarte alors ma culotte et enfonce d’un coup sec son pénis dans mon sexe. Je souffre. Je souffre. Je souffre. J’ai mal mais ne ressens rien. J’ai peur mais ne réagis pas. J’ai envie de crier, d’hurler au secours, mais aucun son ne sort de ma bouche. Esquisse une larme, signe que j’existe encore et que je suis toujours humaine, mais rien de plus. Je ne pense plus, je ne réfléchis plus, je ne ressens plus. Je suis salie et mon esprit est mort. J’ai l’impression de ne plus exister; que je suis autre part. Pas ici, pas comme ça, pas de cette façon. Je laisse mon esprit s’évader et laisse là mon corps, l’air de dire « J’ai fait ce que j’ai pu… Débrouille toi seul à présent . » Et toujours cette impression d’ABSENCE.

À ce moment là, cela faisait deux mois que je sortais avec mon copain. J’ai mis quelques jours à lui dire ce qui m’était arrivé, n’y croyant pas moi même. En rentrant de Rome, je ne suis plus personne, je ne représente plus rien. J’ai honte de moi et mon corps me répugne. Mais grâce à mon copain, je reprends peu à peu confiance en moi et je suis a présent capable de prendre une douche sans me frapper et me faire du mal, je peux aussi me changer et me regarder dans le miroir sans avoir envie de tout briser, de tout détruire.

Si un jour tu lis ce message, mon amour, sache que je te serais éternellement reconnaissante et que je t’aime. Je t’aime, je t’aime, je t’aime. ❤