Merci Slutwalk pour ce que vous faites !

Beaucoup de filles (comme moi) vont pouvoir sortir du placard grâce à ce mouvement qui enfin ne culpabilise pas les victimes. Il y a quelque années, selon la prévention conventionnelle, je n’aurais pas dû rester en boite seule, après que mes « amis » étaient partis, je n’aurais pas dû boire autant, je n’aurais pas dû sympathiser avec l’inconnu X et je n’aurais pas dû accepter de me faire ramener en voiture par l’inconnu Y tandis que je ne tenais plus sur mes jambes. Voilà. Alors qu’en fait, y a pas à chier. C’est LUI qui n’aurait pas dû faire ce qu’il a fait. Et c’est LA SOCIETE qui n’aurait pas dû me rendre coupable et me condamner au silence et à la honte. La victime se sent coupable parce qu’on l’a convaincu que ce qui lui est arrivé a été directement engendré pas son comportement à risque. Voici les mots clés de la culpabilisation inversée « comportements à risque ».

Pendant longtemps, je me suis dit que parce que j’avais adopté un comportement à risque, j’avais rencontré le danger. Et cette question m’interroge énormément. D’un côté, je me dis qu’effectivement le meilleur moyen d’éviter un danger, dans le cas notamment d’une agression commise par un inconnu, serait de ne pas se balader en mini-jupe et décolleté, seule, dans un quartier qui craint. Moi, j’étais en jeans et ça ne m’a pas épargné une mauvaise rencontre. Mais même si le bon sens, l’instinct de survie ou malheureusement l’expérience nous conseillent d’éviter certaines situations, il n’empêche que derrière cette question de comportement à risque, la société positionne clairement la culpabilité du côté de la victime et ça, c’est tout bonnement inadmissible. « Don’t tell me how to dree, tell them not to rape. » C’est juste tout bonnement ça. Tout est dit. C’est criant de simplicité et c’est là que se situe le VRAI bon sens.

Le comportement dit « à risque » tel qu’il est perçu dans notre société n’est autre que la liberté de s’habiller de manière séduisante, la liberté de sortir, de s’amuser et de s’enivrer, la liberté de flirter, la liberté d’avoir une sexualité libre de considérations religieuse, civile, familiale ou morale. En gros, vivre à notre époque, avoir une vie sociale et affective EST un comportement à risque, selon cette conception. On considère que la vie est une dangereuse jingle, où la loi du plus vil, du plus mauvais, du plus sale règne en toute légitimité et où la pauvre idiote de victime mérite ce qu’il lui est arrivé puisqu’elle savait dans quel monde elle vivait.

Or, la victime ne VISE PAS l’agression, elle ne VISE PAS le danger. On n’est pas dans le cas de figure de l’aventurier ou de la tête brûlée qui fait de la moto, de l’alpinisme ou n’importe quel autre sport extrême. On n’est pas non dans le cas de figure du baroudeur qui part en trek en espérant croiser de près des panthères. On n’est pas dans le cas de figure du joueur qu va tenter sa chance au casino et va finir par perdre ses économies par goût pour le jeu et la prise de risque.

Donc, les filles, les gars, continuons le combat !